Break Free From Plastic pointe du doigt 7 grandes entreprises, mauvais élèves de la pollution plastique

Comme chaque année depuis trois ans, BFFP (Break Free From Plastic) a réalisé une étude* intitulée « Missing the mark », sur les engagements des entreprises en faveur de la réduction de leur impact sur la pollution plastique. 7 entreprises, acteurs majeurs de la grande consommation, se font tirer les oreilles. Entre effets d’annonces et fausses bonnes solutions, BFFP fait le point.

Delphine Marteau pour Plastic Ethics

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Une prise de conscience incontestable

Aujourd’hui, toutes les grandes entreprises ont conscience de la nécessité d’agir en faveur de la protection de l’environnement et mettent en avant de nombreux engagements pour réduire leur impact sur la planète. La nécessité mais aussi l’intérêt. Face à la multiplication des critiques sur leur emprunte plastique, de nombreux groupes de grande consommation développent, depuis quelques années, des politiques de RSE ambitieuses et la communication qui l’accompagne.

Mais au-delà des effets d’annonces, les promesses sont-elles tenues ? Les solutions proposées sont-elles adaptées et efficaces ? Les actions sont-elles suivies dans le temps ? Face à toutes ces questions, le rapport de Break Free From Plastic* met en lumière certaines absurdités, une opacité et un manque de suivi des projets.


Effets d’annonces et fausses bonnes solutions

Cette année, Break Free From Plastic a passé à la loupe 214 projets de lutte contre la pollution plastique, « lancés » par les 7 principaux pollueurs plastiques ; ils ont identifié ceux qui débouchaient sur de réels progrès (38) et ceux qui relevaient de « fausses bonnes solutions » (176).

Dans le viseur de BFFP, les emballages plastiques à usage unique, dont la production est la première cause de pollution issue des produits de grande consommation. Les conséquences de cette production sont non seulement néfastes pour l’environnement, mais dramatique sur le plan social, à l’échèle mondiale et en particulier dans les zones économiquement défavorisées.

Face à cette urgence, BFFP demande plus d’ambition et de transparence de la part des principaux pollueurs, notamment dans le développement d’alternatives au plastique ou de plastique recyclable.  Parmi les principaux écueils recensés par le rapport BFFP, on trouve la mise en avant de technologies pas encore utilisables à grande échelle qui peut avoir des impacts environnementaux souvent méconnus.

Le recours à des sous-traitants, notamment pour collecter des déchets plastiques, les éliminer ou les recycler se solde souvent par le brulage de ces matières, pourtant interdit par la loi et extrêmement toxique pour tous les organismes vivants. Ces pratiques posent la question du suivi des actions mises en œuvre et du contrôle des sous-traitants. Sans parler des nombreuses annonces faites en grande pompe, de projets qui ont rapidement échoué ou n’ont jamais vu le jour.

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La technique du « name and shame »

Particulièrement prisée dans les pays anglo-saxons, la technique du « name and shame » consiste à dénoncer les agissements de certaines entreprises en les nommant publiquement. Même si elle est contestable d’un point de vue légal, cette approche interpelle les structures concernées, questionne leurs pratiques et secoue leur image.

Compte tenu de l’importance des réseaux sociaux pour les marques, les conséquences d’une image écornée peuvent être lourdes… notamment financièrement. A travers son étude annuelle et ses actions coup de poing (#EnoughFalseSolutions), BFFP tente de faire pression sur les entreprises pollueuses afin d’endiguer la dégradation exponentielle de l’environnement et ses conséquences sociales dramatiques à l’échèle mondiale.  L’adaptation des solutions n’est plus une option !

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Quelles entreprises contribuent le plus à la pollution plastique ?

Selon le rapport d’audit mené par le mouvement BFFP (Break Free From Plastic)*, 7 compagnies tiennent le haut du pavé en termes de pollution plastique : Coca-Cola, PepsiCo, Nestlé, Unilever, Mars, Mondelez et Procter & Gamble.

Les principaux pollueurs n’en sont pas à leur coup d’essai. Trois années consécutives, Coca-Cola, PepsiCo et Nestlé se sont révélés être les trois principaux pollueurs en matière plastique au monde. Malheureusement, selon les résultats de l’étude de BFFP, la tendance s’oriente plutôt vers de fausses bonnes solutions.

Face aux conséquences dramatiques de la pollution plastique, la conscience éthique doit  désormais faire partie intégrante des politiques de développement de tous les groupes de grande consommation, et avec elle, la réduction drastique voire l’élimination de tout plastique à usage unique doit être une priorité absolue.

*Rapport complet de BFFP sur ce lien

Delphine Marteau